Ils ont montré le pire comme le meilleur. En arrachant de belle manière le match nul 2-2, samedi soir à Constanta, en Roumanie, l'équipe de France rentre avec un point important dans la course à la qualification en Coupe du monde 2010. Avec une défense déstabilisée par le forfait du capitaine Vieira, les Bleus se sont fait surprendre en première mi-temps par des Roumains incisifs : deux buts en dix-sept minutes.
L'entame de match a été catastrophique. Face à une défense fébrile - que peut expliquer l'absence de Vieira, contraint de renoncer à cause d'une contracture à la cuisse - les Roumains ont trouvé à deux reprises le chemin du but. Une première fois par Petre (6e) et une seconde par Goian (17e). Assomés par ce début de match tonitruant, les Français accusent le coup et peinent à repartir de l'avant. C'est de Franck Ribéry, l'un des patrons de retour en équipe de France, que viendra finalement le salut. Le meneur réduit la marque à la 36e minute, soulageant un peu les Bleus. Son but marqué, rageur, Ribéry s'empresse alors de récupérer le ballon au fond des filets de Lobont afin de le ramener au plus vite au centre du terrain, tout en encourageant ses coéquipier.
Une reprise sur les chapeaux de roues
Rien n'est dès lors perdu pour l'équipe de France. Dix minutes avant la pause, les deux parties se neutralisent. Les joueurs rentrent aux vestiaires sur ce score de 2 à1. De retour, les Bleus reprennent le jeu avec la ferme intention de faire chauffer les filets adverses. Auteur du premier but, Franck Ribéry semble avoir mangé du lion, se démenant comme un beau diable pour enflammer la partie. En attaque, Domenech opère un changement tactique : Henry glisse sur la gauche, laissant Benzema seul en pointe.
De «l'animation offensive», voilà ce que voulait voir le sélectionneur Raymond Domenech à la veille de ce Roumanie-France. Et c'est bien ce que proposent alors les Bleus lors de la deuxième mi-temps. Condamnés à courir après le score, ils multiplient les attaques, prenant souvent le dessus sur leurs adversaires, sans pour autant parvenir à aggraver la marque. La pression est sur des Roumains à la peine physiquement, accusant le coup d'une entame de match à cent à l'heure. Usés, les hommes en orange n'en demeuraient pas moins dangereux, avec un Mutu toujours affûté venant défier Mandanda en un contre un, le Marseillais sauvant brillamment son camp, mais de peu.
Pas question de laisser échapper une victoire qu'ils sentent à portée de main ! Les Bleus persévèrent et devant les cages roumaines, ce sont Benzema, Toulalan, Henry, Ribéry, Gourcuff qui, tour à tour, tentent leur chance. Si Lobont, le gardien roumain, répond présent sur toutes les trajectoires, la deuxième période des Roumains prend néanmoins des airs de remake de Fort Alamo. Regroupés en défense, les joueurs en orange tentent de maintenir le score, en vain. D'une frappe magistrale aux trente mètres, Yohan Gourcuff vient soulager son équipe en trompant Lobont à la 69e minute, inscrivant son premier but en sélection nationale. Une passe de Ribéry, de la gauche, et le Bordelais a somptueusement placé sa balle sous la transversale roumaine. Pourtant dans un très grand soir, Lobont n'a pu que s'incliner.
Et les joueurs de Raymond Domenech de pousser pour aller chercher ce troisième but synonyme de victoire, sans y parvenir. Ils rentrent donc avec un seul point, mais c'est mieux que rien. Après avoir montré de belles choses, la France reste dans la course à la qualification. Quant au sélectionneur, sur la sellette, son sort ne semble pas pour autant s'être scellé.
leparisien.fr












