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FOOTBALL/PSG.

Les dessous d’une métamorphose

Depuis la mi-avril et sa déroute à Caen (0-3), Paris s’est offert mieux qu’un lifting, une véritable révolution qui en fait aujourd’hui une équipe structurée. C’est un tout autre PSG qui se présentera demain pour son retour en Normandie.

Christophe Bérard, Sylvie De Macedo, Laurent Perrin | 29.08.2008, 07h00
 

LE SAMEDI 19 AVRIL 2008. Le PSG sombre à Caen 3-0 et plonge dans une crise qui coûtera son fauteuil de président à Alain Cayzac. L’état d’urgence est décrété. Paris, 18 e , est au fond du trou. Quatre mois plus tard, c’est un PSG serein qui retrouve le stade Michel-d’Ornano pour la 4 e journée. La métamorphose est en marche.



Le nouveau style Villeneuve

Personne ne s’attendait à la nomination de Charles Villeneuve à la tête du PSG, le 27 mai 2008. Beaucoup doutent alors de sa capacité à gérer et relever un club tel que Paris. S’il est encore trop tôt pour dresser un bilan, l’ancien directeur des sports de TF 1 a déjà imposé son style. Cet été, il a pris son temps pour recruter sans jamais céder à la pression médiatique ou sportive. Là où certains de ses prédécesseurs auraient paniqué face au statu quo de certains dossiers, sa sérénité en a étonné plus d’un. Sûr de lui, il n’a jamais douté du succès de son mercato. Le nouveau n o 1 du club cultive également un goût du secret très prononcé et fonctionne avec deux ou trois personnes de confiance. Homme à poigne, il aime tout contrôler et accepte mal que d’autres viennent rogner sur ses prérogatives. Là où Alain Cayzac se comportait en « bon camarade », Villeneuve préfère s’afficher comme le « patron ». Un patron accessible qui prend le temps de parler aux joueurs de tous les sujets, et pas seulement de football. Un style qui, pour l’instant, semble convenir au PSG.

Enfin de vrais leaders

L’absence de leaders était palpable, dans les regards accablés, à la sortie du stade D’Ornano en avril dernier. Personne ne prenait ses responsabilités et chacun regardait couler le PSG sans agir. Aujourd’hui, le vestiaire a retrouvé deux grands piliers dont les états de service leur valent un respect unanime. Ludovic Giuly et Claude Makelele n’ont pas attendu pour devenir les patrons techniques et humains du groupe. Ils ont vite compris que le problème de leurs nouveaux partenaires était mental et passent beaucoup de temps à rassurer ceux-ci. Peu à peu, ils transmettent leur « haine de la défaite ». Côté ambiance, la joie de vivre est revenue au camp des Loges. A la demande de Giuly, l’équipe se change en musique, grâce au lecteur MP3 installé dans le vestiaire.

Des règles de vie cohérentes

En concertation avec le groupe, Makelele et Giuly ont instauré de nouvelles règles de vie. Ainsi, chaque joueur reçoit une amende pour un retard ou des propos déplacés dans la presse. En cas de fuite, celui qui a donné des informations à « l’extérieur » doit se dénoncer. Si tel n’est pas le cas, tous les joueurs sont punis et signent un gros chèque d’amende. Enfin, pour resserrer les liens, les joueurs dînent, une fois par mois, tous ensemble dans un restaurant. Là encore, les absents sont invités à signer un chèque.

Une communication mieux maîtrisée

Depuis le début de saison, le PSG a revu sa méthode de communication. Par exemple, les journalistes ne peuvent plus aborder les joueurs sur le parking du camp des Loges pour les interroger. Désormais, chacun reste à sa place et les échanges sont contrôlés. Le but est d’écarter tout ce qui pourrait nuire à l’équilibre du groupe. Bruno Skropeta, le nouveau directeur de la communication du club, a mis en place ce système après avoir sondé de glorieux anciens comme Djorkaeff, Lama ou son ami Anelka. Il a, en outre, rappelé aux joueurs qu’ils avaient des droits mais aussi des devoirs vis-à-vis des médias.

Des supporteurs remotivés
Des centaines de supporteurs à chaque séance d’entraînement, des applaudissements, des sourires : le camp des Loges respire enfin la sérénité et la joie de vivre. Rien à voir avec la tension au lendemain de la déroute à Caen du mois d’avril. La voiture de Sylvain Armand avait alors été saccagée, des insultes et des menaces avaient fusé à l’encontre des joueurs et de l’entraîneur. Aujourd’hui, les fans ont vu leur équipe s’imposer dès sa première sortie au Parc (1-0 contre Bordeaux). Certes, l’épineuse question de la hausse des abonnements les oppose toujours à la direction du club. Mais le recrutement de Makelele, Giuly et Kezman leur redonne espoir. Et c’est sans doute, là, le principal changement depuis bien longtemps. Le PSG aligne enfin des joueurs de standing international. Certes, l’addition des individualités ne suffit pas à former une équipe capable d’aller chatouiller Lyon. Mais, malgré la hausse du prix des abonnements, les supporteurs devraient, enfin, en avoir pour leur argent.

Le Parisien

 
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