sI ce France - Tunisie n’aura aucune incidence sur l’avenir de Raymond Domenech ou alors toute relative, puisque celui-ci restera sélectionneur quoi qu’il arrive ce soir, il suscite cependant curiosité et interrogations. A la veille d’un conseil fédéral finalement déchargé de sa pression initiale depuis le « bon » match nul engrangé par les Bleus en Roumanie (2-2) samedi, il faudra suivre néanmoins avec beaucoup d’attention ce qui se passe sur la pelouse comme en tribunes.
Quel accueil pour le sélectionneur ? Ce France - Tunisie aurait pu être le dernier match de Domenech à la tête de l’équipe de France. La frappe de Yoann Gourcuff en a décidé autrement et le nul arraché à Constanta a sauvé la peau du sélectionneur. Pour autant, tous ses problèmes ne sont pas réglés et les griefs portés contre lui par les supporteurs des Bleus sont loin d’être oubliés. Ce soir, il devrait en avoir un joli aperçu. La réception que va lui réserver le Stade de France, où plus de 60 000 personnes sont attendues, s’annonce délicate. La majeure partie de l’enceinte de Saint-Denis va probablement prendre position contre lui car, malgré deux résultats positifs, l’opinion publique constitue sa plus large opposition.
Des places à prendre. Autant le dire tout de suite, ce sera l’équipe de France réserve que l’on verra ce soir au Stade de France. Trois jours après quatre-vingt-dix minutes de lutte en Roumanie, les Henry, Ribéry, Gourcuff seront déjà passés à autre chose, comme Vieira ou Gallas, toujours blessés. On dit que les absents ont toujours tort. C’est peut-être vrai mais pas ce soir où ils ne manqueront pas grand-chose. Cependant, les présents auront eux une carte importante à jouer. On pense forcément aux défenseurs. Après les mauvaises performances d’Evra, Abidal, Mexès (face à l’Autriche), Boumsong ou Gallas, il y a des places à prendre ou au moins à disputer. Il s’agit là de Mexès et Clichy qui reviennent derrière, ou de Ben Arfa qui sera observé et dont on attendra beaucoup.
Quelles conséquences en cas de défaite ? Le résultat est presque accessoire. En cas de revers ce soir, les supporteurs siffleront de plus belle mais cela n’ira pas plus loin. Et Domenech s’en délectera probablement car il sait que cela n’aura pas d’incidence. A défaut d’être heureux, le sélectionneur est un homme soulagé. Dimanche, au lendemain du match en Roumanie, il a bizarrement pris ses distances avec ses joueurs et son équipe. Pendant l’entraînement de l’après-midi, il a passé toute la séance au téléphone, à l’écart du terrain. Il ne faut pas suspecter un quelconque désintérêt dans ce comportement pas très professionnel. Simplement, le sélectionneur sait qu’il ne peut pour l’instant plus rien lui arriver. Au moins jusqu’à la double confrontation avec la Lituanie, les 28 mars et 1 e r avril prochains, où les questions sur son avenir se reposeront presque naturellement et inévitablement. En revanche, les joueurs alignés ont eux beaucoup plus à perdre.
Patrick Vieira, qui s’était blessé au mollet droit samedi en s’échauffant avant la rencontre Roumanie - France, ne souffre d’aucune blessure musculaire grave. Selon l’Inter, la blessure n’est qu’« une séquelle au soléaire et au jambier postérieur (NDLR : des muscles du mollet) de la jambe droite, sans évidence de lésions importantes ». Le club n’a donné aucune précision sur la durée de l’indisponibilité du joueur.
Le Parisien











