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LE DÉBAT DE LA SEMAINE La crise, bien sûr |
RAPPEL DES FAITS. Turbulences boursières, intervention massive des Etats, grandes manoeuvres autour des banques ont rythmé la semaine et fait franchir un palier supplémentaire à la crise financière. Qui se rapproche de l’économie réelle et donc de vous, lecteurs.
Difficile d’y échapper. Longtemps, vous avez semblé contempler — si l’on s’en réfère à l’évolution de vos messages— ce nuage de Tchernobyl financier comme une chose étrange, lointaine et peut-être pas si inquiétante que cela. Cette fois, alerté par la folle semaine boursière et les annonces de ralentissement économique—et son cortège de mauvais présages —, vos interventions montrent une véritable inquiétude et un questionnement plus pointu. « Quand j’entends dire que l’économie réelle va être touchée, je me demande
ce qui va me tomber sur le coin de la figure », réagit Sylvain, de Meaux (77). Que va-t-il se passer ? « Je ne m’inquiète pas pour mes économies qui sont minimes, estime Joseph, un retraité parisien. Le problème c’est pour nos enfants. »Un sentiment partagé par Gaëtane,
66 ans, de Saint-Seurin-surl’Isle (33) qui parle de ses « enfants dans lamouise (sic)—bien immobiliers vendus, prêt-relais arrivant à expiration » —, de ses « petits-enfants sous-employés — avec diplômes mais hélas ! sans expérience » — qui, tous, « prennent des petits boulots, quand il y en a, et tout cela pour des salaires de misère ». On pourrait multiplier ce genre de témoignages qui attestent
que la crise est à présent bien palpable. Exemple avec Pauline, de Franconville (95), qui nous relate ce qu’elle nomme une « petite anecdote » vécue par elle : « Mardi 30 septembre, jeme présente à la Caisse d’épargne afin de commander des liquidités pour une
somme dépassant les 10 000 euros. On me demande de passer le samedi 4 octobre aprèsm’avoir demandé deux fois quelle était la
raison de ce retrait ! Le samedi, j’ai un message sur mon répondeur à 13 heures me confirmant que je pouvais passer à l’agence.
A 15 heures, à l’agence : impossible d’ouvrir les coffres ! Etrange, non ?On me propose de me dépanner avec 1 000 euros et on me
promet que mardi 7 le solde demandé serait à ma disposition. Mardi : nouvel appel téléphonique— les fonds disponibles le samedi étant repartis pour des raisons de sécurité, me dit-on, je ne pourrai être en possession de la somme demandée que le samedi 11 octobre. Devant mon mécontentement, on me délivre 2 000 euros en espèces et le solde par chèque. J’espère qu’il sera honoré… »
Autre scepticisme, sur le terrain politique cette fois, assez souvent exprimé. Ainsi Pierre, de Nice (06), qui le résume d’une phrase : « Le manque de résultats de ce gouvernement va pouvoir être dilué dans la crise internationale. »
Seule touche d’espoir dans cet océan de noirceur, ce texte de deux jeunes filles, Julie et Fabiola, « écrit à deux mains » et délibérément à contre-courant. On y lit notamment : « Cette crise est une opportunité d’affirmer que le genre humain ne profite pas de la compétition mais dépend bien de la coopération (…) Cette crise est l’espérance d’une alliance de tous, autour du projet de vivre enfin en harmonie, au lieu de lutter pour notre survie en subissant la loi du plus fort. » Elles méritaient d’être entendues.