« J’ESPERE procéder à la vente de l’ensemble de l’office HLM et financer d’autres opérations dans la ville. » Ça y est, c’est dit. Henri Plagnol a été très clair, lors du conseil municipal de lundi, sur l’avenir des 1 200 logements sociaux gérés par la ville.
Le 22 septembre, cinq bailleurs, dont l’Opac du Val-de-Marne, la Caisse des dépôts, les 3 F, ont d’ores et déjà répondu à l’appel d’offres concernant la vente de 490 logements du Pont-de-Créteil.
« Il est au bord de la cessation de paiement »
« L’office HLM est au bord de la cessation de paiement. J’ai eu un avertissement du comptable public qui m’a prévenu qu’il n’y avait aucune ressource pour répondre à cette réhabilitation, et il est hors de question que les Saint-Mauriens paient les travaux, explique Henri Plagnol. Avec le nouveau bailleur, ils vont voir le parc actuel s’améliorer ainsi que leurs relations avec l’office. » Selon Jacques Leroy, premier adjoint, les travaux devraient commencer début 2009 « si le calendrier est tenu ».
L’élu ne manque pas d’accuser l’ancienne équipe d’avoir engagé la ville dans 25 millions d’euros de travaux à la veille des élections municipales : « Ça a été une erreur technique gravissime. »
La ville paie actuellement des indemnités à la société qui avait débuté le chantier.
Pour les quatre élus de gauche, la vente de l’office est tout simplement un scandale, dans une ville qui ne compte que 5,6 % de logements sociaux.
« Cela montre que le maire n’en a rien à faire de ces logements, c’est inadmissible ! s’exclame Philippe Rosaire (PS). On aurait pu trouver d’autres solutions. En sa qualité de député de la majorité, le maire aurait pu aller voir la ministre du Logement, solliciter des crédits auprès du conseil général, de la région… On aurait pu vendre des actifs non stratégiques… »
Selon lui, « il y a fort à parier que l’on va assister à un déclassement vers le haut des loyers ou à un déconventionnement d’une partie du parc à des loyers proches du secteur privé ».
C’est la crainte principale des locataires. Dans le cahier des charges, la ville présente une simulation des loyers, après la réhabilitation, avec une augmentation de 15 %.
« Les locataires sont sacrifiés deux fois, renchérit Guy Deloche (PC). Depuis trente ans, ils ont payé avec leurs charges l’équivalent de deux réhabilitations et ils vont une nouvelle fois payer. Par contre, le bailleur va faire une belle affaire. » Autre motif de grogne : le nombre de réservataires.
« Il est en train d’être fixé », selon le maire. Pour le socialiste, la ville va perdre l’attribution des logements au détriment des quelque 800 demandeurs de logements sociaux de la ville. Ce point compte pour 10 % dans les critères d’appréciation des offres d’achat. Demeure enfin une question : où est passé l’argent de l’office ? Personne n’est, aujourd’hui, capable de le dire.
Le Parisien












