AU MOMENT où PSA présente au salon de l’automobile ses futurs modèles hybrides, à l’usine Peugeot de Poissy, les intérimaires ont d’autres préoccupations que les voitures écolos. Et pour cause : 300 ne franchiront pas les portes de l’usine ce matin. Une fois leur mission achevée dans les semaines à venir, 400 autres seront aussi priés de rester chez eux.
Que vont devenir ces intérimaires ? « Ils seront réintégrés dès que la production repartira, assure PSA. Notre objectif est de les reprendre avant la fin du premier trimestre en étant optimiste, avant la fin du premier semestre en étant pessimiste. Nous aurons une meilleure visibilité courant novembre. »
En attendant, l’entreprise, lamairie et l’ANPE ont mis en place plusieurs mesures, détaillées samedi, au cours d’une réunion publique, par Frédérik Bernard, le maire (PS) : « Ils seront reçus à la mission locale. Là, nous allons leur proposer un parcours de formations. Et une antenne de la mission locale ouvrira dans les prochaines semaines dans le centre ville.
» Une antenne emploi a été mise en place au sein de l’usine de Peugeot, ouverte encore une semaine. D’après la direction, 80 %des intérimaires y
sont passés. « Cela ne sert à rien, la direction le sait très bien », grince Farid Borsali, de la CGT.
En attendant, la grande majorité pointe au chômage. Un sujet tabou : aucun de ceux rencontrés ne souhaite témoigner, de peur de froisser la direction. Car tous espèrent retourner vite sur les lignes de montage. Du coup, difficile de savoir combien ont trouvé unemission ailleurs. « En étant vraiment optimiste, on peut penser que 200 sur les 300 partis n’ont pas de travail », estime Jean-Claude Kondratiuk, délégué FO.
Jeudi, à l’appel de la CGT, une trentaine de personnes ont débrayé entre 15 h 30 et 20 heures pour protester contre le départ des intérimaires. Car,
d’après Frédéric Hemery, également de laCGT, une autre politique aurait été possible : « Les conditions de travail seront tout aussi dures. PSA aurait tout à fait pu maintenir les intérimaires et alléger les cadences, vu les bénéfices réalisés par le groupe. »
Le Parisien











