OPÉRATION de contrôle hier midi à Montigny-le-Bretonneux. Les policiers du commissariat de Guyancourt traquent le travail illégal. Ils ont ciblé un restaurant japonais de la place Vauban. « Nous avions porté assistance à l’Ursaff durant le contrôle d’un autre restaurant portant le même nom à Voisin-le-Bretonneux, précise Léna, une jeune lieutenante de police, qui dirige les opérations.
Vers midi, onze policiers se positionnent aux abords de l’établissement. Une équipe se poste devant la porte arrière pour éviter que les salariés clandestins ne prennent la fuite. Puis le gros des troupes, accompagné par la magistrate de Versailles Marine Lacroix et un représentant de l’Ursaff, entre par l’entrée principale.
Six personnes interpellées
Les neuf employés sont au travail et seuls trois couples de clients sont attablés et s’apprêtent à déjeuner. Les deux cuisiniers tentent de prendre la fuite par l’arrière. Mais ils sont rapidement stoppés et menottés par les forces de l’ordre.
Le couple de gérants de fait, un homme de 36 ans et une femme de 34 ans, ainsi que leurs sept salariés sont alignés. Il faut qu’ils présentent leurs papiers d’identité et les contrats de travail. Ces hommes et ces femmes sont tous originaires de la province de Wenzhou (Chine), bien connue pour ses réseaux d’immigration clandestine. Le patron exhibe des photocopies de papiers d’identité, mais peine à retrouver celles qui correspondent aux employés.
Une serveuse attire l’attention de la police. Elle n’a pas de papiers, dit avoir 45 ans alors qu’elle en fait 27 et refuse de donner son lieu de naissance. « Je la reconnais formellement, elle était avec ceux qui nous ont faussé compagnie à Voisins », assure un policier. Elle dit habiter à Paris, sans savoir où.
Vers 12 h 30, la cuisine prend feu. Les cuisiniers avaient oublié de l’huile sur le fourneau en tentant de s’échapper. Un policier vide trois extincteurs sur le foyer tandis que le commandant appelle les pompiers. Le feu est maîtrisé, mais trois camions des soldats du feu arrivent sur place pour s’assurer qu’il n’y a plus de danger.
Finalement, il n’y a pas davantage de dégâts et les contrôles se poursuivent. Les deux cuisiniers n’ont aucun papier. Le gérant ne connaît pas leur nom et ne peut fournir aucun contrat. « Ils sont arrivés ce matin, on a eu deux départs, plaide-t-il. On les a recrutés sur Internet et c’est mon beau-frère qui a récupéré leurs papiers. » La serveuse, les deux cuisiniers et le couple de gérants sont conduits au commissariat de Guyancourt, où ils sont placés en garde à vue. Cinq policiers vont interpeller le beau-frère dans son restaurant de Voisin-le-Bretonneux. L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, ne fait aucune difficulté et suit les policiers.
Le Parisien












